
Racine d’orcanette: Cette
racine noire à la peau feuilletée comme du papier donne
au savon Anisette sa couleur violacée.
Anis: Cette
herbe aromatique est cultivée en petites quantités dans
les fermes de la région. Nous travaillons avec les agriculteurs
de Khakrez pour nous procurer les graines d’anis qui parfument
le savon Anisette.
Noyau d’abricot: Bien
que l’abricot ne constitue pas le principal produit de l’agriculture
locale, la région de Kandahar en compte au moins quatre variétés.
Dans chaque verger d’Arghandab, dispersés parmi les grenadiers,
cinq à dix abricotiers produisent les fruits qu’on offre
aux invités. Pour s’approvisionner en abricots, Arghand
travaille avec Abd al-Manan, l’aîné d’un
village d’Arghandab. Ensemble, nous passons le mois de juin
à faire de la confiture d’abricot pour le marché
local et réservons les noyaux pour notre savon Amandine.
Artemisia (A. persica et A. cina):
Les
aînés de Kandahar prétendent que chaque plante
sauvage de leurs montagnes possède des vertus médicinales.
L’une des plus populaires est l’Artemisia, parente
de la sauge et de l’absinthe. Arghand utilise deux différentes
espèces d’Artemisia dans les savons Fleurs du
désert et Élixir d’Artémis.
Cumin noir (Nigella sativa): Cette
variété de cumin particulièrement puissante est
surtout cultivée dans le village de Khakrez. Ces plants vivaces
tirent leur nourriture d’une boule de racines compactes, tandis
que chaque graine de cumin pend au bout d’une branche chétive.
Le cumin qu’utilise Arghand provient des terres de son directeur,
Shafiullah Afghan.
Graine de ricin:
Le
ricin pousse en abondance autour de Kandahar. De temps en temps, Nurallah
et Abd al-Ahad partent en camion et coupent les capsules de graines,
en racontant des histoires inventées aux jardiniers municipaux.
L’huile de ricin confère aux savons Arghand leur mousse
dense.
Racine
de réglisse:
Cette
racine pousse à l’état sauvage dans les jardins
et les vergers de Kandahar. Arghand travaille avec les fermiers locaux
pour promouvoir la culture de la réglisse, dont la racine connaît
une importante demande internationale, en raison de ses propriétés
culinaires et médicinales, en plus de répondre aux besoins
d’Arghand. La racine de réglisse donne au savon Anisette
sa couleur dorée et contribue à son parfum.
Racine de garance: Cette
mince racine produit la teinture qu’on appelait autrefois «
rouge turc » ou « rouge indien ». On utilise cette
teinture dans les tapis afghans, tout comme dans les savons Pomme-grenade
et Rose de Kandahar.
Pépin de grenade: On
ne peut passer outre le flot de récentes découvertes
scientifiques sur les vertus de la grenade. En plus de ses propriétés
antioxydantes et anticancéreuses, une étude de l’école
de médecine de l’Université du Michigan a démontré,
en 2006, que l’huile des pépins de la grenade, appliquée
sur des cellules de peau, les régénère et les
densifie. Il n’est donc pas surprenant que les agriculteurs
de l’Arghandab soient réputés pour la douceur
et la souplesse de leur peau. D’ailleurs, si les grenades ont
joué un rôle important dans la mythologie et les légendes
locales, c’est peut-être que leurs propriétés
sont depuis longtemps reconnues.
Certains disent
même que le fruit défendu dans le jardin d’Éden
était non pas une pomme mais bien une « pomme »
grenade. Par ailleurs la mythologie grecque raconte que la déesse
Perséphone ne put résister à quelques pépins
de grenade pendant sa captivité auprès d’Hadès
et nous amena ainsi l’hiver. Aussi, un poète persan du
11e siècle décrivait les grenades qui fendent sous le
soleil d’automne pour révéler leur précieuse
cargaison de pépins rubis :
[Dans
les vergers]
Les grenades, comme les innocents,
Exposent le secret de leur cœur
À l’univers entier.
De
ces fruits fendus regorgeant de pépins rubis, les membres
d’Arghand retirent et nettoient laborieusement un cœur
dur et blanc, dont ils extraient l’onctueuse huile dorée,
qui est l’un des principaux ingrédients des savons
Arghand.
Rosa damascena: La
rose R. damascena produit l’essence la plus fine,
dont se servent les grands parfumiers. Indigène de Kandahar,
elle est également appelée «Rose
de Kandahar ». Ici, l’art de distiller l’essence
de cette rose est si ancien qu’en pachtou, langue parlée
dans le sud de l’Afghanistan, le mot désignant la rose
est «gul
gulab» ou «fleur d’eau florale». Or,
la guerre a presque anéanti cette tradition, et les rosiers
de Kandahar sont devenus rares dans la région. Cette année,
Arghand s’est entendue avec les fermiers du district de Panjwayi,
à l’ouest de la ville, pour que chacun plante un demi-acre
de roses. Nous leur apprenons, ainsi qu’à d’autres
producteurs, à cueillir les fleurs le matin, dès qu’elles
s’épanouissent, en laissant sur place la tige et les
feuilles. Les roses sont ensuite distillées dans un alambic
en acier inoxydable de qualité culinaire, afin de séparer
l’huile essentielle de l’eau de rose, que nous vendons
localement.
Amande douce: La
province d’Urozgan, directement au nord de Kandahar, est spécialement
réputée pour ses amandes. Desservie par une route
à peine pavée, Urozgan reste l’une des régions
d’Afghanistan les plus isolées, les plus pauvres et
les plus dangereuses. Arghand s’y approvisionne en amandes
auprès d’un aîné du village nommé
Habibullah (« Bien-Aimé de Dieu »).
Amande sauvage: Dans
les crevasses des rocailles au nord de Kandahar, on peut apercevoir
les branches noueuses de quelques arbres têtus. Ce sont des
amandiers sauvages. Les pasteurs nomades, ou Kuchis, en cueillent
les noyaux au passage de leurs troupeaux. Les femmes de la coopérative
cassent patiemment ces petites noix, et l’huile qu’elles
produisent, qui est aussi émolliente que celle des noyaux
d’abricots, compose nos savons et nos huiles essentielles
Amandine et Élixir d’Artémis. C’est le
gardien du temple du village de Khakrez qui nous approvisionne en
amandes sauvages.
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